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Exposition Galerie Duchamp

Exposition
Columbia
Romain Métivier et Timothée Schelstraete
Du 10 février au 24 mars 2018
Vernissage le 10 février à 17 h 30

Ils ont en commun le geste – ou plutôt la répétition du geste : un geste d’artisan, consciencieux, fastidieux, qui superpose des couches et des couches – fines, presque transparentes – de peinture ou de résine sur une âme vierge (la toile, le polystyrène) ; un geste sans autorité ni démonstration, qui aurait la pâleur de leur palette. Timothée, d’ailleurs, expérimente depuis peu une technique d’impression laser sur toile. Ce travail itératif n’a pas nécessairement de fin, sinon provisoire : il arrive à Romain de revenir sur des pièces existantes, plusieurs années après leur achèvement – temporaire.
A travers la pratique de la série, notable dans le travail récent de Timothée, l’on pourrait sans doute se reposer la question de « l’œuvre d’art à l’ère de sa reproduction mécanique » . En effet, la technique des deux artistes comme les sujets qu’ils choisissent pourraient tendre à une forme de neutralité impersonnelle, d’une inexpressivité de l’œuvre. Paradoxalement, toutefois, tous deux aspirent (me semble-t-il) à restaurer une forme d’aura de l’œuvre, dont ils revendiquent le pouvoir fictionnel.
On pourrait faire l’hypothèse que ce pouvoir réside dans la notion de reste. Ou plutôt de restes. Romain et Timothée nous confrontent à des restes d’objets ou d’images – des fragments dont nous sommes invités à reconstituer l’usage, l’histoire, la forme, le sens. Ces extraits comportent un vide, une part manquante de l’objet, un hors-champ de l’image. Cette intégrité défectueuse, qui donnerait son sens à l’objet, à l’image, est ici à reconstruire par l’imagination. La dimension spéculative générée par le reste et son double fantôme, le hors-champ, c’est peut-être ce sur quoi parient ces deux jeunes artistes pour restituer à l’œuvre sa puissance perdue.