📍Adresse : 8 Place du Maréchal Joffre, 76190 Yvetot
Paysage(s)
Charles Angrand dans le Pays de Caux
Pastels et dessins, 1913-1920
Introduction
Né à Criquetot-sur-Ouville, au cœur du Pays de Caux, Charles Angrand (1854-1926) n’a jamais véritablement rompu le lien qui l’attachait à cette terre normande de plateaux ouverts, de chemins creux, de valleuses, de clos-masures et de ciels mouvants.
Si son nom demeure aujourd’hui associé aux avant-gardes parisiennes de la fin du XIXe siècle — à son amitié avec Vincent van Gogh, ou aux recherches néo-impressionnistes menées aux côtés de Georges Seurat et Paul Signac — une part essentielle de son œuvre s’est développée loin de la capitale, dans le retrait silencieux des campagnes cauchoises où il revient vivre après les années parisiennes.
À l’occasion du centenaire de sa disparition, cette exposition met en lumière un ensemble rare de pastels réalisés dans le Pays de Caux au début du XXe siècle.
Un Pays de Caux disparu
Le Pays de Caux qu’observe Angrand est encore celui décrit par Guy de Maupassant : une campagne de prés, de talus, de fermes encloses d’hêtres, rythmée par les saisons et les travaux agricoles.
Le paysage est alors composé de parcelles morcelées, séparées par les haies. Les silhouettes humaines demeurent étroitement liées au travail de la terre et les chemins semblent appartenir à un autre rapport au temps, au travail et à l’environnement.
Ces œuvres conservent ainsi la mémoire d’un monde rural antérieur aux remembrements, à la mécanisation intensive et aux profondes transformations agricoles du XXe siècle.
La lumière comme sujet
Réalisés entre 1913 et 1920, ces pastels ne cherchent ni l’anecdote pittoresque ni l’exaltation héroïque du monde paysan.
L’attention d’Angrand se porte sur des motifs simples : un champ, une villotte, une route, un verger ou une variation atmosphérique.
Le pastel, par sa matière poudreuse et sa souplesse, lui permet de saisir avec une sensibilité remarquable les vibrations de la lumière. Les contours s’effacent souvent au profit de nuances délicates où dominent les gris colorés, les bleus sourds, les jaunes ardents et les verts lumineux.
Plus qu’une description fidèle du réel, ces œuvres traduisent une expérience sensible de la couleur. La lumière devient le véritable sujet du paysage.
Une autre voie du néo-impressionnisme
Loin des ambitions théoriques qui accompagnèrent les débuts du néo-impressionnisme, Angrand poursuit ici ses recherches sous une forme plus libre et plus intime.
Les principes élaborés dans les années 1880 subsistent, mais ils sont transformés par la pratique du pastel : un geste plus spontané, plus direct, où l’expérience de la couleur pure prime désormais sur la démonstration scientifique.
Ce retour au Pays de Caux ne constitue donc pas un retrait artistique, mais l’approfondissement d’une recherche personnelle menée au contact quotidien du paysage.
Entre mémoire et contemplation
Chez Angrand, le paysage cauchois n’est jamais un simple décor régional.
Il devient un espace de mémoire, d’observation et de contemplation où se rejoignent expérience personnelle et histoire collective. Ces œuvres témoignent d’une attention constante aux phénomènes modestes, aux états transitoires de la nature et aux variations infinies de la lumière.
L’aventure picturale se trouve ici dans le quotidien, directement sur le motif.
Un dialogue avec Jérémy Liron
Afin d’établir un dialogue avec l’exposition présentée cet été à la galerie Duchamp, consacrée à Jérémy Liron, une œuvre de l’artiste contemporain est mise en regard de celles de Charles Angrand.
Chez Jérémy Liron comme chez Angrand, le paysage, la lumière et la construction picturale constituent des enjeux essentiels. Les œuvres révèlent qu’au-delà du sujet représenté, c’est un ensemble de relations entre formes, couleurs, sensations et mémoire qui se joue à la surface du tableau.
Œuvres présentées
• Dessins et pastels réalisés entre 1913 et 1920
• Œuvres conservées dans des collections privées
• Ensemble rarement exposé
• Plusieurs œuvres présentées au public pour la première fois
Remerciements
Cet accrochage s’inscrit en écho à l’exposition du centenaire de l’artiste présentée au Musée des Beaux-Arts de Rouen du 12 septembre 2026 au 9 janvier 2027.
Nous remercions chaleureusement la Réunion des Musées Métropolitains, son directeur Robert Blaizeau, ainsi que Jeanne-Marie David, responsable des collections d’art du XIXe siècle et du Cabinet d’art graphique, dont le commissariat scientifique à Rouen a rendu ce projet possible.
Encart pratique (à placer dans la colonne latérale)
Paysage(s)
Charles Angrand dans le Pays de Caux
Œuvres : dessins et pastels (1913-1920)
Collections privées
À l’occasion du centenaire de la disparition de l’artiste (1926-2026)
Horaires
Du 1er octobre au 30 avril :
Il est possible d’accueillir des groupes du lundi au vendredi sur rendez-vous au 02 35 95 08 40 ou museedesivoires@yvetot.fr
Contact
Contact au Musée des Ivoires : Blandine Fory
Téléphone : 02 35 95 08 40
E-mail : museedesivoires@yvetot.fr
